CH AUNAY BAYEUX EN GREVE

Le service des urgences de l’hôpital de Bayeux (Calvados) est en grève.

Un préavis a été émis jusqu’au 10 novembre 2019.

Le personnel s’est réuni pour une première action ce mardi.

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Le service des urgences de l’hôpital de Bayeux (Calvados) est en grève depuis ce mardi 8 octobre 2019. Ses 34 personnels demandent plus de sécurité et plus de moyens. Le préavis, déposé par le syndicat Force ouvrière, court jusqu’au 10 novembre prochain. (©La Renaissance le Bessin)

Un pique-nique sous une tonnelle devant le service des urgences. C’est la première action qu’ont mené le personnel du service du centre hospitalier de Bayeux (Calvados) ce mardi 8 octobre 2019 pour marquer le début du préavis de grève déposé par le syndicat Force Ouvrière jusqu’au 10 novembre prochain. Et pour marquer aussi leur ralliement au mouvement national « inter-urgences » qui réunit aujourd’hui plus de 260 services en France. Leur volonté : obtenir de la direction plus de sécurité, et plus de moyens.

C’est une agression aux urgences qui a déclenché le mouvement auquel prennent part tous les personnels du service, des administratifs aux médecins en passant par les infirmiers, les aide-soignants et les brancardiers. « Ça a été l’étincelle », assure Marguerite Valérie, l’une des deux infirmières à être intervenue la première ce jour-là.

Ça fait 17 ans que je travaille aux urgences, dont 7 ici à Bayeux. La violence, je sais ce que c’est depuis toutes ces années. Mais c’est la première fois que j’ai été traumatisée à ce point, parce que je suis convaincue qu’il était déterminé à la tuer.

Il, c’est un Bayeusain d’une cinquantaine d’années qui a tenté d’étrangler une jeune médecin le 25 septembre dernier, et qui a été condamné en comparution immédiate à deux ans de prison dont un ferme, sans mandat de dépôt. C’est-à-dire sans être incarcéré à l’issue de l’audience.

Ce jugement, on ne l’a clairement pas compris. Un an de prison ferme tout en étant laissé libre ? C’est laisser entendre que ce qui s’est passé n’est pas grave, et que l’on doit accepter que la violence fasse partie des risques de notre métier !

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Par cette grève que le personnels des urgences espèrent voir s’entendre à tous les services de l’hôpital, Ehpad compris, le syndicat FO dresse toute les liste de revendications.

Sécuritaires d’abord : « On demande la présence d’un vigile au sein des urgences 24 h sur 24, et la mise en place d’un service d’alerte efficace en cas d’agression », annonce Claire Lostanlen, secrétaire départementale du centre hospitalier Aunay-Bayeux.

En termes de moyens ensuite : « On ne veut plus travailler en sous-effectif. On demande donc le recours à de l’intérim en cas d’arrêt maladie, le recrutement d’un poste d’aide-soignant à l’accueil des urgences et des lits supplémentaires dans les services ».

Depuis quelques années, les personnels constatent au quotidien une dégradation de leurs conditions de travail, conduisant à de plus en plus de situations d’incompréhension avec les patients et leur famille, qui engendre de plus en plus de violences. « C’est un cercle vicieux », analyse Marguerite Valérie, l’une des 2 infirmières  à être intervenue la première ce jour-là.

En été comme en hiver, il y a des lits en moins, voire des services totalement fermés. Dans ces moments-là, c’est insoutenable aux urgences. On ne peut pas faire monter dans les services des patients qui doivent être hospitalisés et qui se retrouvent donc bloqués aux urgences. Certains matins, il y a jusqu’à 20 patients qui ont dû passer la nuit dans le couloir ! Et ça, clairement, ça crée de la tension.

Bien que tout le service des urgences de Bayeux (Calvados) soit en grève, la continuité des soins est évidemment assurée. Les personnels, pour marquer le mouvement, portent des inscriptions sur leur blouse et des brassards « En grève ».

« La violence est quotidienne ! »

Ajouté à cela des temps d’attente qui se rallongent pour toutes les prises en charge, et c’est la crise :

Il y a de moins en moins de médecins en ville, donc plus en plus de personnes qui viennent aux urgences alors qu’elles ne devraient pas. On a l’obligation de soigner tout le monde, alors évidemment on le fait, mais ça génère de plus en plus d’attente, entre 4 et 6 h parfois, et donc de l’incompréhension. Les gens ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas soignés vite alors que ce n’est pas grand chose. Mais on fonctionne complètement différemment, on prend en priorité les cas les plus graves. Et ça, certains ne le comprennent pas.

CH AUNAY

Résultat : « La violence est quotidienne. Elle peut être verbale, par des insultes, mais aussi physique, avec des crachats voire des coups de poing. On y est tellement habitués qu’on a nous-même tendance à la banaliser. Mais ça ne peut plus durer ».

Syndicats et représentants des personnels des urgences ont ainsi proposé des axes d’amélioration en termes de sécurité à la direction ce mardi 8 octobre au matin à l’occasion d’un CREX, un comité de retour d’expérience systématiquement organisé après un événement comme l’agression subie par la jeune médecin. « On n’a pas encore de retour mais surtout, on regrette fortement que le directeur de l’hôpital ne soit pas venu. Le seul représentant de la direction présent était la directrice des soins », explique Claire LOSTANLEN, toujours remontée contre le fait qu’Olivier Ferrendier n’ait pas tenté d’apaiser la situation :

Il avait 5 jours pour réagir entre le moment où l’on a déposé le préavis et celui où la grève a commencé. Ils sont normalement faits pour tenter de négocier. Mais là rien, il n’y a pas le moindre signe de sa part de répondre à nos revendications pour le moment.

Ainsi, en plus d’autres actions que les grévistes ont bien l’intention de mener d’ici à la fin du préavis de grève, « on va demander un CHSCT exceptionnel ».

Source : Journal (©La Renaissance le Bessin) du 08/10/19

Contact : Claire LOSTANLEN – Secrétaire départementale du Calvados Santé

Email : fo.chab14@gmail.com