Restructuration à Conforama : près de Caen, des salariés en grève, écœurés par les propositions de la direction

 

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C’est l’écœurement et l’inquiétude qui se lisent sur le visage des salariés mobilisés devant le magasin Conforama de Mondeville 2, mercredi 16 octobre. Les syndicats CGT, Force Ouvrière et CFE-CGC avaient appelé à une grève au niveau national pour dénoncer les propositions faites par la direction du groupe lors des négociations en cours sur le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

L’enseigne connaît actuellement une importante restructuration avec la fermeture de 32 magasins et la suppression de 1 900 emplois.

D’après les syndicats, la direction propose des indemnités « supralégales » – qui s’ajoutent aux indemnités de licenciement prévues par le code du travail – de 1 000 euros entre zéro et 10 ans d’ancienneté, 2 000 euros entre 10 et 20 ans et 2 500 euros au delà. Une proposition jugée « honteuse ».

« C’est se moquer des salariés qui ont donné toute leur carrière » – Pascal Marie, délégué syndical Force Ouvrière

« Il y a des groupes qui donnent des dizaines de milliers d’euros pour que leurs salariés partent bien mais Conforama France en a décidé autrement. C’est se moquer des salariés qui ont donné toute leur carrière et ça va toucher des familles entières », dénonce Pascal Marie, délégué syndical Force Ouvrière et magasinier depuis 27 ans à Mondeville. Deux postes sont menacés d’après FO.

Force Ouvrière demande le retrait du PSE et que « Steinhoff, notre actionnaire principal, mette la main à la poche ».

L’écœurement de Pascal Marie est d’autant plus grand que pour lui, ce sont les salariés qui trinquent alors que c’est la direction qui a pris de mauvaises décisions. « Il y a trois ans, Conforama France est devenu partenaire de la Ligue 1 et ça a coûté 33 millions d’euros pour les trois années, explique-t-il. Et il y a plein d’autres stratégies que Conforama a mises en place et qui n’ont jamais marché. On en est là aujourd’hui parce que ces stratégies sont très mauvaises. »

Le spectre du chômage

Ces décisions et propositions conduisent les salariés, dont Philippe, à manifester et à s’inquiéter pour son avenir. « Aujourd’hui, c’est hyper compliqué de retrouver un emploi, en sachant qu’il y a un certain nombre d’entreprises qui ferment. Et voir que, même avec 30 ans d’ancienneté, certains vont quitter la société avec 1 000 ou 2 000 euros, c’est une honte. » Cette inquiétude est d’autant plus grande que, selon lui, les salariés ne savent pas encore lesquels d’entre eux perdront leur emploi.

La direction du groupe a indiqué à l’AFP qu’il s’agit « d’une base de départ de négociation et non d’une fin de négociation ». Elle précise que les discussions dureront jusqu’à fin novembre.

Extrait de Radio France Bleu du 16/10/19