GRÉVE CHEZ TIPIAK – PONT L ÉVÊQUE

PONT-L’ÉVÊQUE. Grève chez Tipiak : Les salariés hissent le pavillon rouge

Un mouvement de grève a débuté vendredi après-midi sur le site de Tipiak Panification à Pont-l’Évêque. Les salariés réclament l’attribution d’une prime Covid-19 et dénoncent certaines conditions de travail.

« Les négociations n’ont rien donné », rapportait vendredi après-midi, vers 16 h, après deux heures d’entretien avec la Direction, Mourad Sellika, secrétaire du CSE et délégué du syndicat Force Ouvrière (FO). De quoi faire voir rouge à la vingtaine de salariés grévistes campés à l’entrée du site pontépiscopien, où est employée une centaine de personnes, depuis 14 h. Rouge comme les gilets qu’ils portaient, rouge comme leur colère face à ce qu’ils considèrent comme des promesses non tenues.

1 000 € de prime

« En début de crise sanitaire, l’attribution d’une prime Covid-19 avait été évoquée avec la Direction, explique Morad Sellika, une prime pour tous les ouvriers qui s’étaient mobilisés lors de la crise sanitaire, et qui devait être négociée au moment du déconfinement. Aujourd’hui, on nous propose trois jours de congé pour ceux qui ont travaillé au moins 20 jours sur cette période, et cinq jours pour ceux qui ont travaillé plus de 30 jours. La prime a disparu ! Quant au dialogue avec la Direction, cela se résume à ‘dis-moi ce que tu veux et je te dirai comment t’en passer’… »

Devant l’usine, qui produit 600 à 700 kilos de croûtons à l’heure normalement, mais dont les deux lignes de production sont à l’arrêt, la vingtaine d’ouvriers ayant cessé de travailler ne manifeste guère de surprise, mais plus de la colère.

Plus de croûtons

Capture

 

Et dans les rangs des grévistes, les exclamations vont bon train : « Pas d’pognon, plus d’croûtons ! » s’écrie l’un. « Ça fait 40 ans que je travaille ici, et j’ai eu droit à juste une augmentation individuelle. Une seule en 40 ans ! À quand une revalorisation des salaires ? » s’interroge un autre. « Et le coup des masques ? Nos conditions de travail ? » s’écrie un des grévistes. Car au-delà de la prime de 1 000 euros, les salariés tiennent aussi à dénoncer certaines conditions de travail : « Nous avons dû travailler un mois et demi avec du gel hydroalcoolique périmé, et sans masque, alors que l’entreprise en avait. On nous a dit qu’ils avaient été réquisitionnés par l’État, alors qu’ils étaient toujours là, et qu’ils ne nous ont été distribués qu’ensuite » explique le délégué syndical.

La Direction du site pontépiscopien ne nous a pas communiqué d’information complémentaire, mais pour Mourad Sellika, les négociations se résument ainsi : « Pour la prime de 1 000 euros, la réponse a été ‘je transmettrai’, la direction locale n’étant pas décisionnaire. Pour la revalorisation des salaires, ce fut ‘ce sera discuté à la prochaine réunion du CSE’ ; et sur les conditions de travail, la Direction n’a même pas daigné entamer le sujet, apparemment, c’est un sujet qui dérange. »

Grève illimitée

Face à cette situation, les salariés ont décidé de reprendre leur mouvement de grève dès dimanche soir à 23 h. « Nous sommes entrés dans une grève illimitée à présent, souligne Mourad Sellika, les lignes sont à l’arrêt et nous sommes suivis par près de 70 % des ouvriers en production. Sur le site de Saint-Herblain (Tipiak Épicerie en Loire-Atlantique, NDLR), les ouvriers ont également lancé un mouvement et débrayent deux heures lundi après-midi. »

[Source Pays d’auge du 23 juin 2020]

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Pour les salariés de Tipiak, pas de prime

Une vingtaine de salariés de l’usine produisant des croûtons ont cessé le travail, vendredi. Après avoir été mobilisés durant la crise sanitaire, ils espéraient l’obtention d’une prime Covid.

Ils sont une vingtaine réunis devant les grilles de l’usine Tipiak, au cœur de la zone industrielle de la Croix brisée, à Pont-l’Évêque. Hier vendredi, à l’appel du syndicat Force Ouvrière (FO), les employés de Tipiak Panification sont entrés en grève, abandonnant leurs postes sur les lignes de production dès 14 h. Leur objectif : « L’obtention d’une prime pour les salariés mobilisés lors de la crise sanitaire, explique Mourad Sellika, délégué FOPendant toute la période de confinement, nous n’avons jamais cessé notre activité, et nous n’avons reçu aucune gratification malgré notre engagement. »

Reprise de la grève dimanche

Pourtant, selon le syndicaliste, la direction aurait fait miroiter une prime aux salariés pendant la crise, en indiquant qu’elle serait négociée une fois le déconfinement enclenché. Mais à la place de la prime, la direction aurait finalement proposé trois jours de congés payés aux salariés qui ont travaillé au moins vingt jours sur la période et cinq jours pour ceux qui ont travaillé plus de trente jours.

Devant les grilles de l’usine, personne ne veut de ces congés qui ne « payent pas les factures », selon les mots de certains : « Quand on voit que les actionnaires de Tipiak ont reçu 2 millions de dividendes cette année, on se dit qu’il y en a, de l’argent. »

Du fait de l’abandon de poste des salariés, la direction a dû fermer momentanément l’une des deux chaînes de production, ce vendredi 19 juin : « Une ligne de production ça représente entre 600 et 700 kg de croûtons par heure », avance un ouvrier. Pas de prime, moins de croûtons.

Quelques minutes seulement après le début de l’action, les délégués syndicaux ont été reçus par la direction du site, pendant près de deux heures. Résultat : il n’y aura pas de prime exceptionnelle pour les salariés : « La direction botte en touche, en disant que ce n’est pas de son ressort. Nous reprendrons donc le mouvement de grève ce dimanche, à partir de 23 h. »

Contactée, la direction du site Tipiak Panification n’a pas donné après nos demandes d’informations complémentaires.

[Source Ouest France – 21/06/20 – Victor GUILLAUD-LUCET]