NOS SYNDICATS EN ACTION – CH COTE FLEURIE

À l’hôpital de Cricquebœuf, la prime Covid fait jaser.

Mécontents de l’attribution de la prime Covid, qu’ils jugent inégalitaire, des membres du personnel de santé du centre hospitalier de la Côte fleurie ont débrayé mardi , sous l’impulsion de Force ouvrière.

La mobilisation

Plusieurs dizaines de professionnels de santé du centre hospitalier de la Côte fleurie ont débrayé pour défendre les intérêts de l’hôpital public, mardi. « Depuis des années, les budgets des hôpitaux sont diminués. Nous sommes à un stade où les agents s’auto-remplacent, les congés n’arrivent pas à être donnés, les heures supplémentaires augmentent et les conditions de travail se dégradent dans tous les services, regrette Thierry Beuve, secrétaire du syndicat Force ouvrière de l’hôpital public. Tout cela entraîne un épuisement du personnel et une augmentation de la charge de travail. »

Le personnel a également protesté contre les modalités d’attribution de la prime Covid promise par l’État, accusées d’avoir généré « un sentiment d’injustice et d’inéquité », assure Thierry Beuve. Il s’explique : « Durant la crise, trois unités Covid ont été créées au niveau du centre hospitalier : une à l’Ephad d’Équemauville, où les agents percevront une prime de 1 000 €, et deux unités sur le site de Cricquebœuf, où les agents ont perçu une prime de 500 €. »

« Ce qui me gène, c’est que des gens soient bernés »

ch cote fleurie 30 juin 2020

 

Cet écart dans les montants, beaucoup ne le comprennent pas. « On a pourtant tous été confrontés au même virus et aux mêmes risques », soupire le syndicaliste.

Près de lui, dans la masse de blouses blanches, Sandy et Sandrine, aides-soignantes, et Karine, infirmière, peinent à masquer leur consternation. Elles aussi dénoncent « un non-sens total » dans la manière de penser la répartition des primes. « Sur notre salaire, nous n’avons eu que 500 €, alors que nous avons aussi été en contact avec des patients atteints du coronavirus, s’offusque Sandy. Il n’y a pas besoin d’être dans un service avec 50 patients malades pour risquer d’attraper le virus, il en suffit d’un seul. »

Toutes les trois s’étaient portées volontaires pour rejoindre les unités Covid de Cricquebœuf lorsque le service où elles travaillent, à Équemauville, a provisoirement fermé ses portes, pour devenir lui-même une unité dédiée aux patients de l’Ephad voisin.

Même si elles assurent que « tout s’est bien passé, grâce notamment à une bonne organisation », difficile pour elles de ne pas penser aux douze heures de travail quotidiennes, de jour comme de nuit, avec toujours la crainte d’être à leur tour infectées. « Pour moi, ça dépasse même l’hôpital, surenchérit Sandrine. Ce qui me gène, ce n’est pas de ne pas avoir reçu une prime de 1 000 € en tant que tel, mais le fait que des gens soient bernés. »

Déterminé à obtenir une prime égale de 1 000 € pour tous les agents ayant travaillé dans les unités Covid, « la maladie étant la même quel que soit le service », le Syndicat FO a sollicité l’aide de Christophe Blanchet, député de la 4e circonscription du Calvados. Affaire à suivre

[Article OF 01 juillet 2020 – Mathis PIVETTE]